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Les Actualités de l'Élevage du Haul


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La saga de Djinno et Djinna (épisode 1)

Cette nuit, Paluche du Haul (par Verdi, propre sœur de Farceur du Haul iso 162) a donné naissance à des jumeaux (par Tibet Tame).

Lors de la première échographie, 2 œufs ont été détectés. Nous avons décidé d'en écraser un, au risque de perdre les 2. A l'échographie de contrôle, tout allait bien. Il n'y avait plus qu'un embryon tout à fait normal.

A 10 mois de gestation, Paluche était sur le point d'avorter. Nous avons mis ça sur le compte du stress car elle ne s'entendait pas très bien avec sa compagne de champ. Nous l'avons alors isolée et mise au calme. Elle avait tous les signes d'une mise bas imminente : vulve distendue, mamelle gonflée, pic de calcium dans le pré-colostrum, nerf de la croupe relâchés. Finalement, elle a gardé son poulain et nous avons évité l'avortement.

Bien que la "crise" soit passée, nous l'avons surveillée jour et nuit pendant un mois (ceinture de poulinage + caméra), jusqu'à la mise bas. Dimanche 5 mai, à 3 heure du matin, l'alarme sonne. Je vais voir. Ça y est, l'heure est venue. J'ai un mauvais pressentiment et vais chercher mon mari car je sais que je n'ai pas la force physique pour retourner un poulain mal placé ou aider efficacement à l'expulsion. La jument souffrait anormalement et le poulain tardait à se faire voir. Finalement, les 2 pattes avant font leur apparition, suivies du nez. Puis, horreur, une 3ème patte. Mon mari, arrivé dans l'entre-fait, tente de repousser cette patte tout en se demandant quelle pouvait bien être la position du poulain. Il rassemble en un temps record tout ce qu'il a appris en formation au Haras du Pin pour avoir le geste adéquat pour retourner le poulain. C'est alors qu'il trouve une 2ème tête. Il me hurle "Appelle le véto, il y en a 2 !". Manque de chance, le vétérinaire était en pleine césarienne et ne pouvait venir avant 2 heures. Nous devions donc nous débrouiller seuls. Nous étions sûrs de perdre notre jument car les 2 poulains étaient engagés ensemble. Nous l'avons aidée du mieux que nous avons pu. Finalement, aussi incroyable cela puisse-t-il paraître, elle a expulsé les 2 poulains simultanément. Tout aussi incroyable, les 2 étaient vivants. Minuscules, mais vivants.

Notre première pensée a été pour notre jument. Elle était sauvée et même pas abîmée. Ça, c'est de la poulinière, ou je ne m'y connais pas !!! Elle a immédiatement reconnu les 2 poulains. C'était pour moi un signe encourageant. Combien de fois nous avons bataillé pour sauver un petit (poulain, chiot, mouton ...) que l'a mère n'avait pas reconnu, pour finalement se rendre compte au bout de quelques jours ou quelques semaines, que l'instinct maternel avait vu juste - le petit n'était pas viable. Paluche s'est tout de suite mise à lécher alternativement ses 2 poulains. Par ce geste, elle nous encourageait également à faire le maximum pour donner sa chance à la vie.

Nous avons d'abord porté notre attention sur le plus gros des 2 (je devrais dire le moins petit : 20 kgs). C'est un mâle. Rythme respiratoire : OK. Rythme cardiaque : OK. Température corporelle : OK. Réflexe de succion : OK. On trait la jument pour lui donner le maximum de colostrum tout de suite. Par chance, la jument a un très fort taux d'immunoglobulines (90 g/l).

Tout ceci étant fait, nous passons au deuxième poulain. C'est une pouliche. Elle paraît dysmature mais a une vitalité incroyable. Elle veut vivre. Elle se lève très rapidement en hennissant. Nous contrôlons tous ses paramètres et tout est OK, même si elle ne fait que 15 kg. Nous lui administrons donc autant de colostrum que possible, en trayant la mère toutes les 1/2 heures et en vidant notre banque de colostrum. Finalement, nous parvenons a faire boire les poulains, suffisamment pour qu'ils reçoivent la quantité nécessaire d'anticorps. Le plus fort de la tempête étant passé, nous prenons le temps de boire un café en attendant le vétérinaire qui arrive comme prévu vers 5 h du matin.

Le vétérinaire revérifie tous les paramètres des 2 poulains. Rien d'alarmant. Les 2 devraient pouvoir vivre.

Le jour se lève. Tout va pour le mieux pour le moment. On continue les biberons toutes les 1/2 heures.

A suivre ...
 

La saga de Djinno et Djinna (épisode 2)

Les heures passent, rythmées par les buvées. Paluche n'a plus trop de lait, nous passons donc au lait artificiel. Le mâle accepte volontiers le biberon. Bien que plus gros et plus développé, il a moins d'énergie que la femelle. Il mange bien mais n'a toujours pas trouvé la mamelle de sa mère. Nous lui donnons un biberon toutes les 1/2 heures. Nous essayons de respecter le rythme naturel du jeune poulain, c'est à dire une buvée toutes les 20 minutes environ. La femelle quant à elle, tête naturellement sa mère. Elle ne fait même que ça : boire et gambader dans le box. Elle a une énergie impressionnante au vu de sa taille et de son état ! Je n'avais encore jamais utilisé Tibet Tame comme étalon, mais vu l'énergie que montrent ces 2 poulains, il est certain que j'y remettrai des juments. De plus, autant qu'on puisse en juger, ils ont un joli modèle, sport et dans le sang.

En fin de journée la petite femelle commence à avoir de la diarrhée. Pour l'aider, nous lui administrons un complément alimentaire favorisant la digestion lactée et des ferments lactiques pour aider la flore intestinale à se mettre en place.

Mon mari et moi nous relayons jour et nuit pour assurer la surveillance et le biberonage. Nous sommes épuisés mais nous sommes déterminés à relever le défi auquel la nature nous a confrontés.

Les poulains ont maintenant plus de 24 h et tous les voyants sont au vert. On continue d'y croire.